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Je change de métier : j'entame une formation d'auxiliaire spécialisée vétérinaire. Témoignage.

Art877 ASV notes

Anne-Laure M. a exercé plusieurs métiers avant de décider de se tourner vers la profession d'ASV. Elle a été secrétaire, et aussi vendeuse dans des domaines très différents allant de la téléphonie mobile à la mécanique poids lourd en passant par la boucherie, l'électricité... Puis elle a travaillé 6 ans dans un centre d'appel, où elle est devenue responsable d'une équipe de formateurs et de la qualité sur un projet de téléphonie.

Elle s'est alors rendu compte qu'elle ne trouvait pas dans sa vie professionnelle l'épanouissement qu'elle espérait.
Au cours de ses recherches sur les métiers en lien avec les animaux, elle lit des témoignages d'ASV et pense que ce métier, (qui allie le goût du contact clientèle avec des capacités d'organisation et un sens de la rigueur qu'elle sait avoir), est celui qui lui conviendra. Elle profite de la situation économique de son entreprise qui doit reclasser une partie du personnel, elle trouve un vétérinaire qui accepte de l'embaucher et signe un contrat de professionnalisation, à 34 ans.

Ce contrat en alternance est un contrat en CDD, où une semaine de formation succède à trois semaines dans la clinique.

Elle nous raconte ici le jour où elle a découvert pour la première fois le centre de formation où sont assurés les cours.

Un goût de rentrée oublié depuis longtemps.

Ce lundi matin de décembre, sous le ciel gris de la Mayenne, il est 8h45, les voitures arrivent sur le parking CFPPA. A leur bord, des jeunes gens, qui pour certains sortent de leur véhicule et se disent bonjour avant de se diriger d'un pas décidé vers les bâtiments (ceux-là se connaissent et ont déja pris leurs marques, ils ne sont pas de "ma promo" manifestement). D'autres s'extirpent timidement de leur véhicule, sortent leur valise du coffre ou se dirigent vers le bâtiment principal du CFPPA en se demandant où est la salle, où il doivent se rendre, qui seront leurs collègues durant cette période de formation de deux ans, et peut-être à quelle heure sera la première pause ... ? 

Je regarde ce ballet au chaud dans la voiture, fumant une dernière cigarette avant de me lancer à mon tour. Dix milles questions se bousculent dans ma tête, semblables à celles que les autres se posent, sans doute. Il fait gris et froid, je suis loin de chez moi et de ce que je connais, et, je l'avoue, j'ai un peu peur (et oui, à mon âge l'aventure n'est pas aisée).

Un affichage à l'entrée informe de la salle où nous devons nous retrouver, c'est parti, je marche dans le couloir de ce vieux bâtiment défraîchi, qui bientôt me semblera familier et auquel je ne porterai plus d'intérêt.

À peine arrivée dans la zone d'attente, à peine ai-je eu le temps de regarder les visages présents en disant bonjour que notre responsable de formation nous demande de la suivre. Allez, ce coup-ci c'est réellement parti. Nous nous installons dans la salle de cours, silencieusement pour la majorité d'entre nous. Certains se sont déjà rencontré lors des journées de tests alors ils échangent trois mots. On attend que tout le monde arrive, on sent flotter comme un sentiment de gêne générale, les regards ne se croisent pas beaucoup, pourtant chacun commence à observer les autres.

Le groupe est au complet, notre responsable prend la parole. Elle commence par distribuer à chacun un classeur blanc, puis des intercalaires (oh ça sent le dossier dédié aux documents qui devront nous suivre au long de ces deux ans de formation ça). Bingo ! Suivent le planning des semaines de présence à l'école, le planning des cours, le livret d'accueil, le contrat pédagogique, le détail des UC, et les fiches de travail personnel ... etc.

Lecture rapide des documents, tentative de compréhension de ce qui sert à qui, à quoi, quand, à remplir par qui, comment ... Bref il va falloir faire un point ce soir et prendre le temps d'une lecture détaillée. Notre responsable nous explique comment se déroulera la journée, nous communique les horaires de cours, des pauses aussi. (Je fume, alors c'est important !!)

Plusieurs intervenants sont là pour l'accueil. Le directeur du centre demande à chacun de se présenter, formateurs et "élèves". Inutile de préciser que, mon tour arrivé, quand j'ai annoncé mon âge, ça a détendu l'atmosphère : j'ai commencé par dire que j'étais la doyenne de la promo, ça a fait rire tout le monde !

Ensuite nous avons vu la responsable du CDR, la personne qui s'occupe des cartes de cantine, la personne qui gère les logements sur place. Les accès aux repas sont validés, le point est fait pour que chacun sache où il est hébergé.

Tous étaient souriants, accueillants, bienveillants, ça rassure.

Et pour la suite ?

La matinée a passé vite, avec une pause de 10h35 à 10h55. (Oui, les horaires de pause sont un peu surprenants !)

Voici les horaires des cours :

Lundi 9h-10h35 pause 10h55-12h20 13h15-14h50 pause 15h10-16h45

Mardi à jeudi 8h30-10h05 pause 10h25 11h50 13h15-14h50 pause 15h10-16h45

Vendredi 8h30-10h05 pause 10h25-11h50 13h-14h35 pause 14h55-16h30

La responsable de notre session nous a fait visiter rapidement le bâtiment, beaucoup de réactions de satisfaction dans le groupe en identifiant la zone de détente équipée d'une machine à café.

À 12h20 nous voilà donc tous en route vers la cantine qui est dans le bâtiment juste en face.

Là, angoisse, nous n'avons que 55 minutes pour manger et l'entrée de la cantine est bondée de lycéens.

Nous prenons tous notre mal en patience (on a faim, on attend, et on tente de supporter le bruit phénoménal que peut produire une horde lycéens affamés). Enfin nous nous installons à table, il est déjà 12h50, tant pis pour le petit café après le repas.

Si j'ai à donner un conseil, pour le lundi midi ... prévoir des sandwiches ! Retour en classe à 13h15, l'ambiance est plus détendue, le repas a été l'occasion de commencer à converser un peu avec les uns et les autres, et de faire connaissance.

L'après-midi a été consacrée à notre premier cours avec un vétérinaire formateur, très intéressant. Ça y est les choses sérieuses commencent !

Se loger :

Le logement sur place : chambres de 8 pour les contrats pro, de 4 pour les contrats d'apprentissage. Certaines sont dans un vieux bâtiment, le chauffage et le décor laissent à désirer. Il y a des heures d 'entrée fixes dans ces logements, du genre 18h15, puis 19h40, couvre-feu à 22h15 pour les contrats pro et impossible de rentrer dans le bâtiment après 21h.

J'ai choisi une chambre d'hôte à 10 minutes du centre de formation, et j'apprécie vraiment ! Je crois que j'ai fait le bon choix !

Après quelques mois :

Les premières semaines de cours ont parfois été difficiles, je suis honnête. Etre loin de sa maison, de son mari, de ses animaux, trouver sa place parmi une classe dont la moyenne d'age est assez basse, se remettre dans le rythme de l'apprentissage, des fiches de synthèse, rester assise toute la journée, tout cela par moment relevait vraiment du challenge.

Je ne nie pas qu'en changeant de cap à mon age, l'enjeu est important, je n'ai pas le droit à l'erreur. La masse d'informations à connaître m'a paru souvent gigantesque. Les semaines en clinique m'ont permis de me rendre compte que, finalement, il suffisait de bien connaître ses cours, de faire preuve d'un peu de logique, d'observer ce qui se passe autour de soi et qu'en procédant ainsi toutes les informations sont assimilées peu à peu.

Les choses se sont mises en place petit à petit. L'ouverture et la disponibilité des formateurs ont été utiles, agréables, rassurantes.

Les premiers examens :

Ils se sont bien passés même si j'ai trouvé éprouvant de me retrouver confrontée à une feuille d'examen, dans une salle aux tables séparées, avec place attribuée et travail chronométré. Finalement tout s'est bien passé, les heures de révision, les fiches de synthèse, les discussions avec les vétérinaire en clinique ont porté leur fruits. 

En ce qui concerne l'oral qui valide la première année, mon expérience de la vie ne m'a pas empêchée de me trouver dans le même état que mes jeunes collègues le jour J... panique à bord ! Un stress comme je n'en avais pas connu depuis de très nombreuses années. Il faut croire qu'il aura été positif, première années validée, en route pour la seconde !

En somme, je peux dire que tout n'a pas été aisé tout le temps, j'ai rencontré des difficultés d'apprentissage au début, j'ai eu peur de ne pas y arriver, j'ai eu de gros moments de doute quant à mes capacités.
Par contre, j'ai passé de très bon moments avec mes camarades de classe (mon Dieu si on m'avait dit il y a un peu plus d'un an que je dirais ça !), j'ai rencontré des personnes dévouées, à l'écoute, pédagogues, j'ai emmagasiné de nombreuses connaissances, acquis de nombreuses compétences aussi. Et chaque jour, que ce soit à l'école ou à la clinique, je me félicite d'avoir osé faire ce choix.

La suite après l'oral de seconde année... serais-je une fière ASV diplômée ?...

 

Article : "Devenir auxiliaire vétérinaire"
Article : "Le GIPSA et APForm : Animal Pro Formation