La Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine (DNCB) est une maladie causée par un virus, appartenant au groupe des varioles des ruminants. Elle n'est pas transmissible à l'Homme mais son impact économique est important et menace l'ensemble de l'élevage bovin français.

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Mode de contamination et conséquences cliniques
Le virus est transmis par des insectes vecteurs, principalement les mouches piqueuses (stomoxes et taons), insectes susceptibles de se déplacer sur plusieurs kilomètres pour se nourrir.
La période entre la piqûre infectante et l'apparition des premiers symptômes est longue : de 4 à 14 jours, voire même plusieurs mois. Tous les animaux contaminés ne vont pas développer la maladie, cela dépend de leur résistance individuelle et d'un éventuel contact antérieur avec le virus (qui aurait permis à l'animal de développer une immunité naturelle). Ainsi, suivant les troupeaux, 5 à 45 % des animaux vont présenter des signes cliniques.
Un des problèmes de cette maladie, c'est qu'un certain nombre de bovins ne vont pas montrer de signes de maladie, tout en étant porteurs du virus pendant plusieurs semaines. Ils jouent alors le rôle de réservoir de contamination pour les insectes piqueurs, et contribuent à l'extension de la maladie au sein de l'élevage, et au-dehors.
Comment détecter les animaux contaminés ?
Les premiers signes cliniques de la maladie sont de la fièvre, de l'abattement, une conjonctivite, du jetage et une hypertrophie des ganglions lymphatiques. Il apparaît ensuite des nodules fermes, plus ou moins douloureux, dans diverses régions du corps : tête, cou, membres, flancs, mamelle, périnée, muqueuses... Ces nodules peuvent s'indurer et persister pendant un temps long, ou se nécroser, laissant place à des plaies profondes. La maladie peut se compliquer de troubles respiratoires et digestifs, et peut mener à la mort de l'animal en cas de complications.
Chez les jeunes, il existe une forme milliaire ("qui a la forme, l'aspect d'un grain de millet"), se traduisant par de très nombreux petits nodules sur l'ensemble du corps.
Les signes permettent la suspicion de DNCB, mais le diagnostic doit être confirmé par des examens complémentaires.
- Le test de choix est l'identification du virus par PCR. Le problème est que le test n'est fiable que sur prélèvement de nodules, car, chez les animaux contaminés, le virus n'est présent dans le sang que par moments . La PCR ne permet donc pas de détecter les animaux porteurs sans signes cliniques, bien qu'ils soient infectants.
- Le dosage sérologique des anticorps anti DNCB est peu intéressant. Ce dosage détecte une augmentation des anticorps seulement 14 à 21 jours après l'infection, il nécessite la mise en oeuvre de cultures cellulaires retardant la réponse d'encore 10 jours, et il est peu sensible, les animaux malades pouvant avoir des taux très faibles d'anticorps.
Quelles sont les conséquences économiques de la DNCB ?
Elles sont de deux types :
- Pertes économiques directes, principalement par baisse de production laitière, la dévalorisation des cuirs, et les séquelles potentiellement invalidantes après guérison chez certains bovins.
- Blocage des exportations d'animaux vivants, de la semence, du lait et d'autres produits d'origine bovine. En effet, pour être considéré comme indemne de DNCB, un pays ne doit pas avoir diagnostiqué de cas sur son territoire depuis au moins 3 ans et ne pas avoir instauré de vaccination. Dans le cas contraire, le code sanitaire de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale prévoit des exigences sanitaires accrues pour l'exportation vers des pays indemnes.
Le casse-tête épidémiologique en résumé
- La maladie est transmise par des insectes pouvant se déplacer sur plusieurs kilomètres, et donc suceptibles de contaminer des exploitations relativement éloignées.
- Le délai entre la contamination d'un bovin et l'expression de la maladie est long, et il faut donc du temps pour s'apercevoir de la présence du virus dans un élevage, temps pendant lequel l'infection s'étend par le biais des insectes vecteurs.
- Un certain nombre de bovins contaminés ne paraissent pas être malades, mais restent réservoir du virus pendant plusieurs semaines, favorisant ainsi l'extension de la contamination.
- Le diagnostic par PCR n'est fiable que chez les malades, pas chez les porteurs contaminants. De plus, si la vaccination a été mise en place, la PCR doit pouvoir faire la différence entre le virus sauvage (responsable de la maladie) et le virus vaccinal (contenu dans le vaccin). La recherche d'anticorps est d'un intérêt très limité.
Quelle stratégie adopter ?
L'abattage systématique des troupeaux infectés a été la première mise en oeuvre. Pourquoi ?
- Car c'est une méthode qui a fait ses preuves pour arrêter d'autres enzooties virales.
- Car l'abattage des animaux contaminés est la seule solution pour supprimer rapidement les sources de contamination (il est illusoire de tenter de supprimer tous les insectes piqueurs présents dans l'environnement, même si une désinsectisation doit être mise en oeuvre).
- Car abattre seulement les animaux malades ne permet pas de régler le problème des animaux porteurs, source de virus, et qui ne peuvent pas être détectés avec certitude par les examens de laboratoire.
- Car l'étude d'enzooties de DNCB dans d'autres pays a montré que la mise en place de la vaccination seule permettait à la maladie de rester présente sur les territoires pendant plusieurs années.
La stratégie qui a permis à la Grèce de se débarrasser de la maladie est l'abattage systématique des troupeaux infectés, doublé de la vaccination des bovins dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres autour de l'élevage concerné, la désinsectisation et l'interdiction de déplacement des aniamux à risque. C'est la stratégie actuellement mise en place en France.
Cette stratégie sera sans doute revue si malheureusement l'enzootie continue à progresser sur le territoire national.
Sources
- Argumentaire DNCB GTV Auvergne Rhône-Alpes, SNGTV et SNVEL 2025
- Bulletin épidémiologique Santé animale - Alimentation, Dermatose nodulaire contagieuse des bovins : état des connaissances et
situation épidémiologique dans les Balkans au 31 juillet 2016 - JEANNEY M., La Dépêche Vétérinaire, DNC : SNVEL, Ordre et SNGTV appellent au calme et jugent « inacceptables » les menaces à l'encontre des vétérinaires, décembre 2025
- Ministère de l'Agriculture, Dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) : point de situation, 15 décembre 2025
- Organisation mondiale de la Santé Animale, Codes et Manuels, Section: 11. BOVINAE, Chapitre: 11.9.Dermatose nodulaire contagieuse
- SNGTV, Fiche technique, Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine (DNCB), Foire aux Questions, version du 29/07/2025












